La nuit dernière, j’ai mal dormi.

Non, ce ne sont pas les soucis qui m’ont travaillée (et ça, c’est bon). Je n’ai pas non plus lu jusqu’à des heures indues. C’est même suffisamment rare pour être souligné, mais pour une fois, j’ai été très sage, et j’ai posé mon bouquin quand la fatigue a commencé à compliquer ma lecture.

Sauf que j’ai replongé le nez dans les Hunger Games, et j’ai passé la nuit aux côtés de Katniss et Prim et Peeta. C’est la première fois que je les relis, mais ça me plonge sensiblement dans le même état que la dernière fois.

Mon fils était tout petit, ma boîte aussi, je faisais des semaines de dingue, j’étais épuisée, et je devais passer le week-end chez mes beaux-parents. Sauf que mon homme, mon saint homme, a jeté un œil à mes cernes qui effleuraient le plancher, et sans me consulter, a appelé sa mère pour dire qu’ils y allaient entre mecs, que je devais bosser, j’avais promis de dépanner un client.

C’était Noël au printemps. La première fois depuis la naissance de mon fils où pendant deux jours, je n’avais à m’occuper que de moi. Merci mon homme.

J’ai fait 1 000 projets dont je ne me souviens pas. (Ça n’incluait pas dépanner un client.) Et puis il y avait ce bouquin que j’avais envie de lire depuis un moment, ça tombait bien, vraiment.

J’ai passé le week-end dans le canapé. Je ne suis même pas sûre d’avoir fait un vrai repas, je n’avais pas le temps. Quand j’ai fini le premier tome, j’ai enchaîné directement avec le deuxième. Le lundi, pour la première fois, je n’avais pas envie de reprendre le travail. J’avais une trilogie à finir.

Ce n’était certes pas ma première aventure de canapé (je suis née avec ça dans le sang, que voulez-vous), mais c’en est une mémorable.

Et cette nuit, alors que je fomentais la révolte avec les rebelles, je me disais que tout de même, en 26 petites lettres (et quelques variations), on peut créer une véritable magie à portée de doigts et d’yeux. 26 petites lettres qui tissent des mots, puis des phrases, qui esquissent des portraits, font tomber des villes et bâtissent des empires, des univers entiers.

26 petites lettres qui peuvent vous garder éveillé jusqu’à ce que le petit matin vous trouve en larmes aux côtés de ce personnage qui, petite lettre après petite lettre, s’est gravé dans votre cœur. 26 petites lettres qui peuvent vous emmener à l’autre bout du monde, ou de l’univers. Voire dans un autre univers.

26 petites lettres qui vous font vibrer, vivre, et un peu mourir. Qui vous aident à mieux comprendre le monde, même si parfois, ça le complique un peu, avec toutes ces réponses à des questions que vous ne vous étiez jamais posées jusque là.

Toutes ces vies en 26 lettres et quelques variations, dans lesquelles quelqu’un a versé son âme (et probablement quelques larmes), pour que nous refermions ce livre un peu différents de ce que nous étions en l’ouvrant.

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4 réflexions sur “26 lettres (et quelques variations)

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