J’adore les histoires qui font peur.

Les histoires de zombies, d’apocalypse, de fin du monde. Et puis toutes ces dystopies qu’on sert aux ados aujourd’hui. Pardon, aux young adults. Sérieux, elles étaient où, ces histoires solides avec des gens de mon âge qui réfléchissaient et agissaient, quand j’étais, moi, une jeune adulte ?

J’adore les histoires qui font peur, et je trouve ça rigolo qu’avec tous les vrais morceaux de Bisounours que j’ai à l’intérieur du dedans de moi, ça m’appelle autant. À croire que chez moi, la voie du milieu passe par les extrêmes.

Et puis, il n’y a pas longtemps, j’ai compris. On m’a tendu un miroir, et j’ai compris.

Mon frère m’a offert une anthologie de BD. Un cadeau d’anniversaire arrivé un peu sur le tard, parce que manque de temps, et surtout manque d’inspiration, qui l’ont fait ronchonner et battre sa coulpe. (Faut pas y craindre, Batman !) Et puis, m’a-t-il raconté, en traînant un jour au rayon BD, il l’a vue, et il a su.

Il me fait l’article, en collectionneur qu’il est – je suis sentimentale, il est collectionneur ET sentimental – et il conclut « Et puis le thème, quoi. C’est tellement toi. »

Le titre ? Le jour où ça bascule.

« Chouette, me dis-je, plein d’histoires d’apocalypse. Chouette chouette chouette. »

J’attaque ma lecture le soir même. Des apocalypses, il y en a. Mais pas que.

Mon frère vient de me tendre un p*tain de miroir. J’adore quand les gens ont compris des choses sur moi avant moi. Merci Batman !

Les histoires de zombies, et d’apocalypse, et de fin de monde, je les aime parce que c’est le moment où ça bascule.

Et quand ça bascule, on se retrouve au pied du mur.

Et quand on se retrouve au pied du mur, on se révèle. On n’a plus d’autre choix qu’agir et réagir – ou se laisser couler, définitivement. Plus de masque. Plus de faux semblants.

Au pied du mur, quand ça bascule, on est vrai. On ne s’encombre plus de ce satané cerveau. Il ne reste plus que nous. Notre substantifique moelle, comme disait le poète.

Au pied du mur, on se révèle, je crois, surtout à nous même. Quand plus rien n’est possible, tout redevient possible. Tout ce qu’on mettait de côté parce que ce n’était pas raisonnable, voire complètement fou, eh bien finalement, pourquoi pas ? C’est toujours mieux que renoncer.

On se découvre des ressources qu’on ne soupçonnait pas. Une imagination, une créativité qui nous étaient inconnues.

Au pied du mur, quand ça bascule, il nous pousse des ailes. Et généralement, on s’en sert.

Quand ça bascule, on fait table rase de tout ce qui nous encombrait, tout en restant riche de notre passé. On se rend compte de tout ce qu’on a appris, de tout ce qu’on a compris. Et un monde de possibles s’ouvre à nous. Tout reste à imaginer, à (ré)inventer.

Les fins sont toujours le début de quelque chose d’autre. Les histoires de fin du monde sont des histoires de nouveaux mondes.

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2 réflexions sur “Le jour où ça bascule

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